37 - Jules César - 100/44 avant JC.
- JF
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Caius Julius Caesar est né le 13 juillet de l’an 100 avant Jésus-Christ.
Jules César fut l’un des personnages les plus importants de l’histoire romaine.
Grand conquérant, brillant général, stratège militaire hors pair, homme d’état ambitieux et acteur politique déterminant, c’est également le rédacteur des « Commentaires sur la guerre des Gaulles » qui sont à la fois un récit militaire sur ses campagnes et un subtil outil politique destiné à façonner son image.
Il a été l’artisan majeur de la transition entre « la République romaine » et ce qui deviendra grâce à lui « l’Empire romain ».
Le 15 mars 44 avant Jésus-Christ, il meurt assassiné par un groupe
de sénateurs.

La Poste française a émis un timbre à l’effigie de Jules César en 2014 référencé au catalogue Yvert et Tellier sous le n°4836

Jules César est le fils de Caius Julius Caesar III, lui-même fils de Caius Julius Caesar II, tous nobles patriciens et faisant partie d’une famille, dont la noblesse remonte aux temps les plus de Rome, ayant compté plusieurs consuls parmi ses membres.
Sa mère, Aurelia Cotta, issue d’une famille plébéienne est l’archétype de la « matrone romaine ».
C’est une femme exemplaire par le dévouement qu’elle porte à ses enfants et à sa famille.
Jules César a eu deux sœurs, Julia Caesaris Major, c'est-à-dire l’ancienne et Julia Caesaris Minor, c'est-à-dire la jeune.
Sa jeunesse se déroule durant de violentes luttes politiques qui opposent à Rome Sylla, chef des « optimates » conservateurs et Caius Marius, chef des « populares » populistes.
Les troubles et combats de rue à Rome sont sanglants en 88 avant Jésus-Christ.
Si les relations familiales ont tendance à placer le jeune homme dans les rangs de « populares », il est possible qu’en réalité, il est suivi les modérés et se soit rallié à Sylla.
Toutefois, en 84 avant Jésus-Christ, il s’oppose violemment à Sylla sur fond de sa candidature au poste honorifique de « sacerdoce », premier prêtre de Jupiter et sur les obligations que cela entraîne.
Le refus de César de s’y plier l’oblige à se cacher et pour fuir la traque que mène Sylla pour le retrouver, il préfère s’enfuir et quitter Rome.
En 80, il s’enrôle dans l’armée, rejoint le « prêteur » Thermus pour des opérations militaires en Asie.
Lors de la prise de Mytilène, capitale de l’ile de Lesbos, il est décoré de « la couronne civique » pour avoir sauvé au combat la vie d’un citoyen romain.
Démobilisé en 78, il est enlevé par des pirates siciliens qui le séquestrent durant 38 jours avant de le libérer contre rançon.
Ayant promis de revenir pour se venger, quelque temps après, avec quatre galères et 500 hommes armés, il capture ces pirates dans leur repaire et les fait crucifier.
De retour à Rome, il commence une carrière publique en attaquant, sans succès en justice, successivement le proconsul « Cnaeus Cornelius Dolabella » puis le consul « Caius Antonius Hybrida », ces derniers étant acquittés grâce au poids de leurs relations.
Fort de ces premières expériences, César entreprend le développement de ce tissu relationnel qui lui semble indispensable pour accompagner ses ambitions.
Dépensant sans compter en réceptions et banquets, il entame son parcours politique.
D’abord « tribun militaire » et « questeur » en 69, puis « édile » en 65, il s’attire les faveurs du peuple en organisant des jeux spectaculaires qui alignent, selon Plutarque, le nombre record de 350 paires de gladiateurs.
Parallèlement, il poursuit, avec plus ou moins de succès, son activité judiciaire.
En 63, il se fait élire au titre de « Pontifex maximus », charge la plus élevée en prestige et en obligations, au sein de la religion publique romaine.
Ses positions au moment de la « conjuration de Catilina » lui valent une telle animosité de la part des sénateurs qu’il doit quitter discrètement les lieux et il ne doit qu’à l’intervention de Cicéron de ne pas être accusé de complicité.
En 60, nommé préteur en Hispanie, il entreprend une campagne militaire contre les Ibères, population encore insoumise de la péninsule Ibérique.
Vainqueur, il revient à Rome pour défiler en « triomphe » et, dans la foulée, briguer le poste de Consul.
En même temps, Pompée, revenu couvert de gloire après sa victoire en Orient contre le roi Mithridate VI, se voit refuser par le Sénat les avantages qu’il est en droit d’attendre pour lui et pour ses anciens soldats.
Déçu, il se rapproche de César et forme avec le général Crassus, le premier « Triumvirat », entente secrète qui scelle une alliance entre les trois hommes, chacun s’interdisant de réaliser toute action nuisible à l’un des deux autres.
Elu consul en 59, brisant toute opposition, César légifère, gagne de nouveaux soutiens, promulgue plusieurs lois agraires, distribuant aux vétérans de Pompée des parcelles de terres publiques et, rachetant des terres à des particuliers, les distribue à 20 000 citoyens pauvres.
Il diminue d’un tiers les taxes de fermage dues par les « Publicains », sanctionne d’amendes les gouverneurs de province qui ont pour habitude de monnayer leurs interventions.
Il place enfin le Sénat sous le contrôle de l’opinion publique en faisant publier les comptes-rendus de séances.
Menant parallèlement une activité mondaine soutenue et étendant de ce fait son cercle relationnel, César devient extrêmement populaire.
Il se voit alors confier par « plébiscite » deux puis trois provinces, la « Gaule cisalpine », «l’Illyrie » et enfin « la « Gaule transalpine ».
Il se voit également octroyer le commandement de trois légions.
En mars 58 avant J.C., dès la fin de son consulat, ses opposants conservateurs l’accusant d’avoir commis des illégalités durant son mandat, il objecte qu’il ne peut être poursuivi en vertu d’une loi qui interdit toute poursuite contre un citoyen romain absent pour servir la République
Il rejoint alors rapidement la « Gaule cisalpine » à la tête de ses légions et entreprend la conquête de la Gaule.
Il n’en oublie pas cependant de maintenir ses relations politiques, confie la gestion de ses affaires à Rome à son secrétaire en échangeant avec lui des courriers chiffrés et s’assure chaque année d’avoir parmi les élus des magistrats qui lui soient favorables.
En 55 avant J.C, César traverse la Manche et fait une incursion en Grande-Bretagne.
Quelque temps après, c’est au-delà du Rhin qu’il entraîne ses légions, mais à partir de l’hiver 54/53 la situation en Gaulle se détériore vraiment, les révoltes se multipliant contre la brutalité des troupes de César, ce dernier n’hésitant pas à réduire en esclavage des dizaines de milliers de civils, ni à passer au fil de l'épée de nombreuses communautés vaincues sur le champ de bataille.
Au début de l’année 52, l a révolte se généralise sous l’impulsion d’un chef Arverne qui a pour nom Vercingétorix.
Pendant ce temps, les désordres sont tels à Rome que, sous l’impulsion de Caton et des conservateurs, Pompée est nommé consul unique.
Les combats en Gaulle sont particulièrement durs, les Gaulois, regroupés autour de leur nouveau chef Vercingétorix, tenant tête aux légions romaines.
Toutefois, en 52 avant J.C. César remporte une victoire décisive à l’issue du siège d’Alésia et obtient la reddition de Vercingétorix.
Les derniers foyers de révolte étouffés, en 51 avant J.C., César proclame la souveraineté de Rome sur les territoires de la Gaule situés à l’ouest du Rhin.
En parlant de la conquête de la Gaulle, Plutarque dira en parlant de César : « En moins de dix ans qu’a duré sa guerre dans les Gaules, il a pris d’assaut plus de huit cents villes, il a soumis trois cents nations différentes, et combattu, en plusieurs batailles rangées, contre trois millions d’ennemis, dont il a tué un million, et fait autant de prisonniers ».
Cette mission terminée, César prépare son retour en Gaulle en s’assurant la bienveillance de l’opinion romaine.
Pour répondre aux critiques propagées sur sa conduite de la guerre, il publie un compte-rendu où il se présente largement à son avantage et qu’il a intitulé « Commentaires sur la guerre des Gaules ».
Son objectif à présent est de se présenter aux élections de 50 avant J.C. pour un second consulat en 49 av. J.C..
Les conservateurs, à présent alliés de Pompée, vont faire tout ce qu’ils peuvent pour s’opposer à ce projet.
A la fin de l’année 50, les premiers affrontements ont lieu par voie légale durant les séances qui se tiennent au Sénat.
Se présentant comme victime de l’acharnement des conservateurs et comme le défenseur des tribuns de la plèbe, César prend l’initiative de l’illégalité et, franchissant le Rubicon, pénètre en armes en Italie.
« Alea jacta est », le sort en est jeté, dira-t-il alors.
Comptant sur son expérience et sur la fidélité de ses légions, il n’a plus d’autre issue que la mort ou le pouvoir.
Prenant le port de Rimini, il progresse rapidement vers Rome sans rencontrer de résistance, ajoute à ses forces trois légions de Pompée, ce denier s’enfuyant vers Brindisi où il embarque, avec consuls et sénateurs opposants à César, vers Dyrrachium en Epire.
Faute de bateaux, César ne peut les poursuivre.
Parvenu à Rome, il rassure les sénateurs restés en place, offre du blé et 75 deniers à chaque citoyen, sa popularité étant telle qu’il sera ensuite désigné « dictateur » par le peuple.
Assuré du soutien de l’Italie, il confie la gestion de Rome à son fidèle soutien Lépide et libère puis envoie l’ex-roi juif Aristobule II en Syrie avec deux légions pour empêcher Pompée de mobiliser des troupes.
Mais les partisans de Pompée empoisonnent Aristobule.
César qui ne peut poursuivre son rival faute de posséder une flotte, décide de se rendre en Espagne pour neutraliser les sept légions que Pompée possède encore. Et c’est en maître de l’Italie, de la Gaule et de l’Espagne que César termine l’année 49 avant J.C..
Toutefois, ses divers lieutenants, qu’il a envoyé guerroyer dans le sud, ont subi des revers.
Son fidèle tribun Curion s’est fait tuer en Afrique, Caius Antonius a été fait prisonnier en Illyrie, quant à son meilleur lieutenant, Titus Labienus, il a rejoint les rangs de Pompée qui, ayant levé une armée et contrôlant l’Adriatique, s’apprête à débarquer en Italie.
En janvier 49, César, à nouveau élu consul, prend l’initiative osée de traverser l’Adriatique, surprenant ainsi Pompée en Epire.
Ce dernier assiégé et poussé par son entourage accepte la bataille rangée.
Battu à Pharsale, ses généraux Cicéron et Brutus se ralliant à César, pompée s’enfuit pour se réfugier en Asie puis finalement en Egypte où il espère pouvoir bénéficier de l’aide du pharaon.
César parvient à Alexandrie où il découvre le corps de Pompée assassiné sur ordre du jeune souverain Ptolémée XIII.
La guerre s’engage entre Ptolémée et César, ce dernier sortant victorieux après un affrontement difficile, en mars 47 avant J.C.
Le jeune souverain est alors détrôné au profit de Cléopâtre VII.
D’Egypte, César se rend en Asie pour combattre Pharnace II, dernier grand adversaire de Rome.
A peine arrivé, il l’écrase durant la bataille éclair de Zéla qui, expédiée en quatre heures, fera dire à César dans son compte-rendu victorieux au Sénat ce mot devenu célèbre ; « veni, vidi, vici », je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu.
Après un court séjour à Rome, fin 47 avant J.C., il retourne en Afrique et au terme de la bataille de Thapsus, il détruit l’armée républicaine de Caton d’Utique et annexe la Numidie, ancien royaume berbère à cheval sur les actuelles Algérie dans la région de Constantine, de Tunisie et de Libye.
Nous sommes en 46 avant J.C., la paix règne à présent en Italie et le ravitaillement de Rome est à présent assuré grâce notamment à la mise en place d’un protectorat en Egypte.
Le butin récolté lors de ces guerres est énorme et l’argent est distribué à flot.
Banquets publics, cérémonie fastueuses, courses, joutes d’athlètes et de gladiateurs se succèdent.
La République romaine contrôle à présent presque tout le bassin méditerranéen.
César, au sommet de sa gloire, adoré par le peuple, parcours en triomphe la « Voie sacrée » vêtu de pourpre, entre deux rangées d’éléphants qui tiennent des flambeaux.
Malheureusement, la paix ne va durer que quelque mois.
En décembre 46, l’insurrection menée par Pompée le Jeune, fils aîné de Pompée mort en Egypte, contraint César à se rendre en Espagne à marche forcée et à mener une campagne longue et sans merci avant de conclure par une difficile victoire à la bataille de Munda dans le sud de l’Andalousie.
De retour à Rome, César est nommé dictateur pour dix ans.
Il dispose à présent de tous les pouvoirs, constitue un Sénat à sa mesure, nomme les magistrats, désigne des consuls, l’octroi d’avantages et faveurs dépendant de sa seule approbation.
Cicéron, qui l’adule, multiple les discours enflammés, qualifiant la clémence de César de « divine » et dans une surenchère de plus en plus excessive finit par le nommer « Liberator » et enfin « Imperator ».
Lorsque les jeux sont célébrés à Rome, la coutume veut qu’on lui octroie l’honneur de porter la toge pourpre et une couronne de lauriers.
Par décret du Sénat, il obtient de porter toge et couronne à titre permanent cette couronne lui permettant, dit-on, de cacher une calvitie qu’il supporte très mal.
Il siège sur un siège plaqué d’or, et dispose de l’exercice de la « Tribunicia potestas », c'est-à-dire de l’ensemble des pouvoirs sacrés et politiques.
Il est enfin nommé dictateur à vie le 14 février 44.
Dans l’ombre, l’opposition s’agite de plus en plus et complote.
Le sénateur Cassius Longinus, vexé de ne pas avoir été nommé consul, prend la tête d’une conspiration visant à assassiner César.
Il regroupe autour de lui une coterie d’opposants et notamment Décimus Brutus, général romain, fidèle de César durant des années.
Les rumeurs du complot parviennent à César qui les néglige comme il néglige les présages des devins qui le mettent en garde pour la période allant jusqu’aux « Ides de mars ».
Le 15 mars 44 avant J.C., juste avant la réunion du Sénat, César est attiré à l’écart par de faux solliciteurs et le groupe des conjurés l’entoure.
Il tombe percé de 33 coups de poignards, le dernier coup étant donné par Brutus lui-même à qui César dira, dans un dernier souffle « tu quoque, mi fili » toi aussi mon fils.
Au sénat, c’est la panique, les sénateurs s’enfuient dans le plus grand désordre et les meurtriers se réfugient au Capitole.
Le fidèle lieutenant de Jules César réunit le sénat le 17 mars, prononce une oraison funèbre qui retourne le peuple contre les conjurés mais, dans l’intérêt de l’Etat, une amnistie est votée et les réformes voulues par César confirmées.
Dans son testament ouvert le 19 mars, trois héritiers, ses neveux sont désignés :
- Lucius Pinarius, gouverneur de Cyrènedes et fils de la sœur de César, Julia Major.
- Quintus Pedius, également fils de Julia.
- Caius Octavius, dit Octave, fils d’Atia la nièce de César. Dans ce testament, César l’adopte et en fait l’hériter des deux tiers de sa fortune, le tiers restant étant partagé entre les deux autres neveux.
Octave deviendra plus tard le premier empereur romain sous le nom d’Auguste.
Enfin, dans l’enthousiasme général du peuple, il lègue ses jardins près du Tibre et octroie trois cents sesterces à chaque Romain.
Ses funérailles ont lieu le 20 mars.
Un bûcher est dressé sur le Champ-de-Mars et Marc-Antoine fait lire la liste des honneurs qui ont été dévolus à César.
Mais la cérémonie tourne à la confusion, le feu est mis au lit funèbre, la foule alimentant le brasier avec tout ce qui lui tombe sous la main.
Les vétérans y jettent leurs armes et des femmes leurs bijoux.
Enfin, la foule déchainée se dirige vers les maisons des conjurés Brutus et Cassius pour les piller.
Ainsi finit dans la plus grande confusion l’histoire de cet extraordinaire conquérant, homme d’état et dictateur romain.
Plusieurs femmes ont accompagné César tout au long de son existence.
- Cossutia fut sa fiancée et peut-être sa première épouse rapidement répudiée vers 84 avant J.C..
- En 83, il épouse Cornelia, fille du puissant Cinna. Ils eurent ensemble sa seule fille légitime, Julia, future épouse de Pompée.
- Cornelia décédée en 67 avant J.C., il épouse Pompeia Sulla, petite fille du dictateur Sylla. Il la répudie cinq après à la suite d’une relation supposée entre sa femme et un jeune patricien, Clodius Pulcher.
- Enfin en 59 avant J.C., sa dernière épouse sera Calpuria Pisonis, fille du consul Lucius Calpurnius Piso Caesonimus. Cette dernière le suivra jusqu’à la mort.
Elle est connue pour avoir eu un rêve prémonitoire annonçant la mort de son époux qu’elle tentera en vain de retenir.
D’autre part, au cours de son séjour en Egypte, une relation suivie avec Cléopâtre VII aurait, dit-on, donné naissance à un enfant nommé Césarion.
Ce dernier fut assassiné à l’âge 15 ou 17 ans par Octave, le fils adoptif de César.
Enfin, César est peut-être le père de Brutus, l’un de ses assassins, qu’il aurait eu avec Servilia Caepionis, sœur de Caton et fille du consul Quintus Servilius Caepio.
La Poste française honorera cet homme illustre en lui consacrant, en 2014, un timbre gravé pr Pierre Albuisson et référencé dans le catalogue Yvert et Tellier sous le n°4836.
L’Italie et les iles Ioniennes ont émis des timbres à l’effigie de Jules César.
En voici quelques uns :

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