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32 - Jacques Cartier - 1491/1557

  • JF
  • 5 janv.
  • 6 min de lecture
Explorateur et fondateur du Canada
Explorateur et fondateur du Canada













Nous sommes en 1532, François 1er, inquiet de voir l’Espagne et le Portugal monopoliser les conquêtes lors de cette découverte du « nouveau monde », accepte de financer une première expédition sous la conduite de Jacques Cartier, qui lui est présenté par Jean le Veneur, évêque de Saint-Malo, comme seul capable « de conduire des navires à la découverte de terres nouvelles dans le nouveau monde ».


Deux autres voyages suivront, en 1535 et 1541, le résultat de ces trois expéditions successives étant l’exploration et la cartographie du golfe et de l’intérieur du  fleuve Saint Laurent depuis l’embouchure jusqu’à Montréal.


Pour ces prouesses de navigation, Jacques Cartier peut être considéré comme le fondateur du Canada.


Il décèdera à Saint-Malo en 1557





Emission de trois timbres par la poste française en 1934 et 1984

 Références catalogue Yvert et Tellier n°296, 297 et 2307

 

 



Jacques Cartier est né vers 1491 dans une des trois anciennes paroisses devenues plus tard Saint-Malo, principal port de la côte bretonne.

Fils de Jamet Cartier et Geseline Jansard, il a deux frères et une sœur prénommée Berteline.

En avril 1520, il épouse Catherine des Granges, fille d’un riche connétable de la ville et dont il n’aura pas d’enfant.

 

Après un apprentissage de mousse puis de matelot, il serait devenu, d’après son contrat de mariage, « maistre pillote ès port de Saint-Malo ».

Il n’existe pas de document crédible sur sa carrière avant 1530.

Peut-être a-t-il participé à une ou plusieurs campagnes de pêche vers Terre-Neuve et, connaissant le portugais, aurait-il pu voyager jusqu’en terres brésiliennes, mais tout ceci ne serait que suppositions nées de l’imagination d’historiens ayant effectué des recherches bien des années après.

 

Il n’en reste pas moins qu’en 1932, Jacques Cartier est présenté à François 1er par l’évêque de Saint-Malo Jean le Veneur qui, évoquant les voyages que son protégé aurait déjà fait, « en Brésil et en Terre-Neuve », aurait affirmé qu’il était celui qui pourrait « conduire des navires à la découverte de terres nouvelles dans le Nouveau Monde ».

C’est ainsi qu’il reçoit du roi de France une commission aux termes de laquelle il devient « capitaine et pilote pour le Roy ayant charge de voiaiger et allez aux Terres Neuffves passez le destroict de la baye des Chasteaulx ».

 

Le premier voyage a lieu en 1534.

Sur deux « caraques », sorte de grands navires de la fin du Moyen-Âge, dont la coque arrondie s’inspire des bateaux vikings, 61 marins ont embarqué et, après vingt jours de traversée, cette petite escadre a atteint Terre-Neuve.

 

Ils entreprennent alors d’explorer minutieusement le golfe du Saint-Laurent et le cartographient.

 

Le 12 juin, alors qu’ils reconnaissent une nouvelle rivière, ils aperçoivent un morutier de La Rochelle qui, après une campagne de pêche, s’est égaré au milieu des nombreuses iles du golfe.

Se rendant à bord, Cartier aida le capitaine à retrouver sa route.

 

Le 16 juillet, la rencontre a lieu avec les premiers autochtones amérindiens, la confiance s’installant avec échange de colifichets divers contre des peaux d’animaux.

 

Le 24 juillet, après avoir mis pied à terre à l’emplacement de l’actuelle ville de Gaspé, il matérialise la revendication de la région au nom du roi de France en plantant une croix de trente pieds en présence des autochtones, les Iroquoiens du Saint-Laurent.

Sur la demande de Cartier, deux des fils du chef amérindien Donnacona seront embarqués et ramenés en France pour être présentés au roi, le 5 septembre, après une traversée de 21 jours



                     

                  










Premier voyage de Jacques Cartier.                  

Le deuxième voyage a lieu de 1535 à 1536

Cette fois trois navires, « La Petite Hermine », navire de 60 tonneaux, « L’Emerillon », le plus petit, jaugeant 60 tonneaux et enfin « La Grande Hermine », navire de 120 tonneaux, à bord duquel se trouve Jacques Cartier et les deux fils du chef Donnacona qui parlent à présent français.

Avec leur aide et leur connaissance des lieux, il remonte le cours du Saint-Laurent, découvrant qu’il s’agit d’un fleuve alors que l’eau salée devient douce.

 

Le 7 septembre 1535, ils font relâche devant « Stanacondé », ancienne ville iroquoise située à l’emplacement de l’actuel Québec.

Retrouvant le chef Donnacona, il donne congé aux deux fils et entreprend de continuer à remonter le fleuve sur « L’Emerillon » en laissant sur place une partie des hommes qui construisent un fortin, devenant ainsi le premier lieu d’hivernage français au Canada.

Bientôt, la hauteur d’eau devenant trop faible pour le tirant d’eau du bateau au-delà du lac Saint-Pierre, l’équipage poursuit en barque.

Le 2 octobre 1535, ils arrivent dans la région du village « Hochelaga », ancien village situé sur une petite montagne baptisée « mont Royal » par Cartier, qui deviendra, bien sûr, l’actuel Montréal.

Ils sont arrêtés par des cataractes qui interdisent la poursuite de la navigation.

Abandonnant les barques, accompagné de vingt marins armés, Cartier et ses gentilshommes, après une marche de 8 km, arrivent devant la bourgade entourée d’une palissade de troncs d’arbres avec une seule porte d’entrée.

Accueillis pacifiquement par le chef du village, ce dernier leur affirme que l’on peut continuer à remonter le fleuve en se dirigeant vers le nord jusqu’à un pays où l’on trouve de l’or.

 

L’hiver venant, les Français rebroussent chemin et le 11 octobre 1535, ils rejoignent le fortin devant « Stanacondé » qui a été baptisé « fort Sainte-Croix ».

Le fleuve gèle emprisonnant les navires.

Les rapports avec les Iroquoiens sont globalement bons, sans violences.

Les hommes souffrent du scorbut et si les Français meurent, Cartier constate que les autochtones qui se soignent avec des infusions de sapin appelé « annedda » s’en tirent beaucoup mieux.

Il applique ce remède à ses hommes et il a la joie de constater que beaucoup d’entre eux guérissent.

Il découvre également l’usage du tabac que cependant il n’apprécie guère.

 

En avril 1536, il remet le cap sur Saint-Malo, abandonnant « La Petite Hermine » faute d’équipage suffisant en raison des décès du scorbut.

Il emmène de force Donnacona accompagné de ses deux fils afin de pouvoir le présenter à François 1er.

Il arrive en France en juillet 1536, persuadé d’avoir exploré une partie de la côte orientale de l’Asie.


  

 









Second voyage de Jacques Cartier

 

Le troisième voyage a lieu de 1541 à 1542

Le chef Donnacona a parfaitement compris qu’avec ces expéditions les Français cherchent, avant tout, de l’or, des pierres précieuses et des épices.

Il leur décrit alors ce qu’ils veulent entendre, leur parle d’un riche royaume, « le royaume de Saguenay », qui n’est en fait qu’une légende.

 

François 1er se laisse convaincre et décide de lancer une troisième expédition avec pour instruction d’implanter une colonie.

Cependant, cette fois, l’expédition est confiée à Jean-François de La Roque de Roberval, homme de cour que, bien entendu, Jacques Cartier n’est pas.

Il ne sera cette fois que le second de l’expédition.

 

Entretemps, Donnacona est mort en 1539 et les Iroquoiens amenés en France se sont mariés.

Aucun ne reviendra de France.

 

Ce sont cette fois cinq navires sur lesquels embarquent du bétail et des prisonniers libérés pour en faire des colons et après une traversée calamiteuse, ils arrivent à « Stanacondé » en aout 1541.

Les retrouvailles avec les Iroquoiens sont chaleureuses mais se dégradent rapidement et Cartier prend la décision d’aller s’installer ailleurs.

Pour préparer la colonisation, il fait construire le fort de « Charlesbourg-Royal » au confluent de la rivière du « Cap-Rouge » et du « Saint-Laurent », près de l’actuel Québec.

 

Curieusement Roberval s’est désolidarisé de l’expédition conduite par Cartier et, l’hiver arrivant, reste toujours invisible.

Pendant ce temps d’inaction hivernale, Cartier accumule « l’or et les diamants » que les Iroquoiens disent avoir ramassés aux alentours du camp.

 

A la fin de l’hiver, en 1542, Cartier décide de lever le camp, et malgré les ordres de rebrousser chemin que lui intime Roberval, embarque et met le cap sur la France.

 

Sitôt arrivé, « l’or et les diamants » expertisés se révèlent être « de la pyrite et du quartz » sans valeur.

Extrêmement déçu, Jacques Cartier se retire dans son manoir de « Limolèou » et se consacre désormais à la vie de sa commune.

 

Devenu un notable de Saint-Malo, comme ayant beaucoup voyagé et connaissant et pratiquant le portugais, il est souvent consulté.

Il connaissait très bien les coutumes, le droit et les règles juridiques bretonnes et était souvent sollicité comme témoin ou juré dans les tribunaux de la cité malouine.

 

Il mourra le 1er septembre 1557 alors que la peste a envahi Saint-Malo.

Son corps sera inhumé le jour même dans la cathédrale de la ville où ses restes ont été retrouvés en 1949 lors de travaux dans l’édifice.

 

Son manoir de Limoëlou à Saint-Malo est devenu un « musée Jacques Cartier » inauguré en 1984.

Près de 150 établissements, places ou rues dans le monde portent son nom, dont au moins 15 en France et 5 au Canada.

 

La Poste française a honoré sa mémoire par trois timbres en 1934 et 1984 référencés aux éditions Yvert et Tellier sous les n°296, 297 et 2307.


 

 

 

 

 

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