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Episode 37

  • JF
  • il y a 3 jours
  • 2 min de lecture
Les Mascarilles
Les Mascarilles

J’ai dit que le jeudi nous avions un quartier libre qu’en général la plupart d’entre nous consacraient au sport.

               

Toutefois assez rapidement, dès le début du deuxième trimestre, à l’invitation d’Henry Mary, beaucoup d’élèves, dont moi-même, des classes de seconde et de première, acceptèrent d’intégrer la troupe de théâtre que venait de créer notre professeur de littérature et qu’il avait baptisé « Les Mascarilles », du nom d’un personnage type de la comédie italienne, au même titre qu’Arlequin, Scapin ou Colombine.

 

Nous nous sommes tout d’abord cantonnés à de petites scénettes ou sketches amusants que nous produisions certaines fins de semaines devant un parterre de parents et d’élèves sympathisants.

C’était sans compter sur l’ambition d’Henry Mary qui, faisant appel pour l’assister à ses amis Daniel Céccaldi et Madeleine Robinson, entreprit de créer et mettre en scène un projet audacieux, le drame lyrique « Christophe Colomb » de Paul Claudel.

 

Les rôles furent distribués à chacun en fonction de ce que notre professeur et metteur en scène estimait être de notre compétence.

Tout était prévu, une équipe de techniciens électriciens et machinistes fut constituée avec les plus bricoleurs d’entre nous.

Madeleine Robinson, accepta de jouer le rôle d’Isabelle, reine d’Espagne, Daniel Céccaldi campait Christophe Colomb, les nombreux rôles secondaires étant répartis parmi les élèves les plus méritants.

 

Fort de mon état de premier ténor de « la Cigale », je me vis attribuer le rôle de l’ange qui apparaît en songe à Isabelle pour lui conseiller de soutenir le projet de Christophe Colomb.

Perché sur un tabouret dissimulé par le décor, illuminé par un projecteur qui mettait en valeur le costume blanc dont j’étais vêtu, je devais en m’adressant à Isabelle endormie, entonner l’air connu du XVème siècle, sur un poème figurant dans les recueils de Pierre Ronsard « l’amour de moy s’y est enclose, dedans un joli jardinet … ».

J’étais ému au-delà du possible mais, le moment venu, tout se passa bien.

 

Lors de la première représentation en fin d’année, devant un énorme parterre de parents et amis du collège, nous avons fait un véritable triomphe.

 

Fort de ce succès, Henry Mary proposa à tous ceux qui le souhaitaient de participer à une tournée d’été.

 

A mon grand regret je ne pus y prendre part, mes vacances italiennes étant planifiées depuis fort longtemps et mes parents peu disposés à me laisser partir ainsi à l’aventure.

Je l’ai d’autant plus regretté que la relation enthousiaste de tous les participants lors de la rentrée suivante me laissât le sentiment d’un rêve inassouvi.   

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