Épisode 33
- JF
- 5 janv.
- 2 min de lecture

Une autre destination de vacances nous plaisait beaucoup.
Tonton Milien et Tante Thétèse, inséparables comme toujours de Tante Simone et Oncle Henri, avaient quitté leur hôtel du Coteau pour prendre en charge un établissement situé au Soler, une commune à quelques kilomètres de Perpignan et baptisé « hôtel des Sources ».
A l’époque en pleine campagne, au bord de la route menant à Prades, au milieu des vergers de pêches et d’abricots, sa clientèle de passage était surtout celle des voyageurs de commerce.
La cuisine de Tonton Milien attirait également quelques gastronomes locaux qui appréciaient cette cuisine traditionnelle à base de productions locales, de poissons et de fruits de mer, la Méditerranée toute proche garantissant l’approvisionnement en produits frais.
De surcroit, comme par hasard s’agissant de ce pécheur invétéré qu’était Tonton Milien, l’hôtel était situé à proximité d’une rivière, la Têt, au bord de laquelle on accédait au bout d’une bonne centaine de mètres, par un chemin à travers une forêt de roseaux.
A cette époque, l’eau de cette rivière était pure et claire et c’est là que j’ai appris, grâce à mon oncle, à pêcher des goujons.
Pour ce faire, armé d’une petite canne « équipée fin », les pieds dans le sable, dans dix à vingt centimètres d’eau, je devais jeter ma ligne vers l’aval de ma position, en remuant doucement les pieds dans le sable.
Attirés par le petit nuage ainsi soulevé et les petites particules délogées par cette opération, les goujons qui ont l’habitude de se nourrir en fouillant le fond de l’eau venaient en nombre et mon hameçon et son asticot, jetés au milieu de la zone troublée prenaient presque immédiatement de superbes et nombreux petits poissons.
Une friture de goujons est un pur régal, surtout préparée par Tonton Milien, qui en avait fait une spécialité très appréciée de ses clients habitués.
J’ai dit que cet hôtel était bâti à proximité de vergers, le mois d’aout étant celui où la production d’abricots bat son plein, j’ai en mémoire des orgies de ces fruits cueillis le matin, brillant de rosée et merveilleusement sucrés.
Les samedis soir, la ville de Perpignan étant toute proche, nous allions manger une glace ou boire une limonade, assis à la terrasse d’un bistrot, en bordure d’une place où l’on dansait la Sardane.
Ma timidité maladive à l’époque, m’interdisant de me mêler aux danseurs, par contre dès sept ou huit ans, notre petite sœur Catou adorait cela.
Comme je l’ai dit, la mer n’était pas très loin et nous nous rendions souvent à Canet-Plage pour des journées de baignade et de bronzage sur les interminables plages de sable blanc qui, depuis les Pyrénées jusqu’à Sète, ourlaient la Méditerranée chère à Trenet.
Quelques années plus tard, un été, les parents ainsi que Tonton et Tata louèrent une villa pour quinze jours d’inoubliables vacances.


J'ai enfin trouvé comment laisser un commentaire 😊
Toujours aussi charmée ...attends la suite !